La Voie de Gaïa

Quelques lignes d'un grimoire païen, un cheminement de lumière au milieu des papillons...


[Sylphe] Pagan in the City
12 novembre 2014

Let's go pour mon second sujet du projet Sylphe (initié par Nuno, Sylphe est un groupe de blogs païens francophones réunis pour échanger et parler de thèmes spirituels et en lien avec notre pratique du paganisme). L'idée, cette fois, est de parler du rapport entre notre environnement et notre pratique/spiritualité et de la manière de conjuguer travail et spiritualité. Alors zou, c'est parti pour le pavé.

J'en avais déjà parlé il y a longtemps, je suis une fille de la ville. Pas vraiment par choix, mais parce que l'Univers m'a posée là, un beau jour, et m'a gentiment dit de me démerder avec ça. J'ai vécu toute mon enfance en plein centre-ville et, après un bref passage dans un petit village, puis je suis montée dans une autre ville, encore plus grande, encore plus bruyante et encore plus polluée, pour mes études... Et j'y suis restée. Parce que, parfois, il n'y a pas le choix. Ou pas tout de suite, tout du moins. Autant dire que je ne connais pratiquement que ça. Or, lorsque l'ado curieuse que j'étais a commencé à "modeler" sa spiritualité, à lui donner un nom et à fureter à gauche à droite sur le net et dans les bouquins à la recherche de petits cailloux pour baliser son chemin, j'ai été frappée par une chose en particulier (en résumé, hein) : "le paganisme, c'est dans la nature". J'ai vraiment ressenti une nette séparation entre spiritalité païenne et vie urbaine dans la plupart des lectures que j'ai pu parcourir, à commencer par une exemple tout con : les Sabbats. Célébrer les dernières récoltes à Mabon, c'est bien, mais combien d'entre nous, en ville, avons quelque chose à récolter/cultiver/semer ? Combien d'entre nous sont au fait de la vie rurale, du cycle des saisons et des plantations ? Combien d'entre nous avons l'occasion de sortir ritualiser/célébrer en forêt/au milieu d'un champ/au bord d'une rivière/rayez les mentions inutiles, comme cela est souvent préconisé dans les textes ? J'ai pourtant essayé, il y a des années. En bon petit mouton fidèle aux jalons littéraires que je m'étais fixée, j'ai tenté des sorties urbaines pour certaines célébrations. Mes excursions en groupe au parc du coin m'ont valu de mémorables méditations et visualisations, certaines parmi les plus belles de ma vie... Accompagnées de la visite des stups, lampes de poche au poing, pour vérifier que ce n'était que de l'encens qu'on faisait brûler dans le cercle. Oui, on a connu mieux.

Globalement, j'ai toujours pensé qu'il y avait un problème dans la façon de percevoir le paganisme de nos jours, un peu comme si, à force de vouloir absolument se rattacher à des choses "ancestrales", on finissait par oublier de vivre avec son époque... Et avec son environnement. Je ne sais pas si c'est une réalité, mais j'ai toujours eu la sensation que beaucoup de gens pensaient que rattacher la ville, leur vie urbaine, à leur paganisme, allait en quelque sorte "ternir" leur spiritualité. La ville, ça paraissait trop bassement matériel et sale pour être lié à quelque chose de si précieux et de si "pur". Et j'ai failli le croire, à l'époque. Mais lorsque j'ai pris conscience que ma spiritualité ne se trouvait pas dans mes bouquins mais en moi, j'ai compris du même coup qu'il était impossible de dissocier environnement et spiritualité (mais si, vous savez, ce fameux Mabon, d'il y a une décennie, dont je vous rabâche sans arrêt les oreilles). La spiritualité se vit au quotidien, à chaque seconde, à chaque instant, à l'endroit où nous sommes, quel que soit celui-ci. Dès lors, j'ai arrêté de mettre des barrières, et j'ai commencé à intégrer mon environnement dans ma spiritualité et ma pratique, à voir les choses sous un autre angle. Je me souviens d'un article que j'avais rédigé il y a quelques années, à propos d'une balade en ville qui avait changé ma manière de voir les choses :

"Cette énergie, là, juste là, lorsque la nuit s'installe sur les trottoirs déserts, lorsque les branches nues des arbres vibrent au courant d'air... Lorsque l'on (re)découvre cet univers quotidien qui nous est pourtant si familier d'ordinaire. C'est un peu comme si cette énergie était dégagée non pas par les gens, mais par la ville elle-même. C'est une sensation très différente, très particulière. Il semble y avoir d'un côté la ville, et de l'autre ce que les gens en font. Je crois que jusqu'à présent, je me suis toujours focalisée sur ce second volet, car je n'avais jamais été à même de ressentir ce que la ville elle-même avait à me transmettre."

Il est possible de vivre sa spiritualité n'importe où, que ce soit dans un champ s'étendant à perte de vue ou cloitré dans son appartement d'étudiant de 9m carrés. Il est possible de ressentir la petite étincelle en marchant le long d'un trottoir, en levant le nez vers une déco de fête ou en promenant son chien. Bien sûr, en terme d'intensité, il y a des variations. Je ne nie pas que je me sens beaucoup plus vivante lorsque je me balade au parc au petit matin avant de partir bosser, plutôt que coincée dans le tram aux côtés de gamins qui braillent et de lycéens qui... braillent aussi, en fait. Mais évoluer dans ce genre d'environnement fait aussi évoluer ma pratique et ma spiritualité. Elles se développent forcément selon les lieux et les situations que l'on traverse : je n'aurais sans doute pas tant travaillé mon "champ de protection" si je ne sentais pas mon espace vital en danger dans un tram bondé. Je n'aurais peut-être pas développé toute ma mythologie intérieure, et l'autel intérieur qui va avec, si je n'évoluais pas à l'extérieur dans un environnement partagé. Vivre en centre ville ne m'empêche pas de m'émerveiller des premières feuilles d'autome, du premier flocon ou de voir mon quartier figé sous une épaisse couche de glace, comme ça a été le cas il y a deux hivers. Vivre en centre ville ne m'empêche pas de cultiver mes propres plantes, de subvenir à mes besoins et de faire des encens maison. Remercions pour ça ce super concept que sont les jardins familiaux. J'ai adapté ma spiritualité à mon lieu de vie, finalement, et, même si je prévois de m'exiler désormais à la campagne pour des tas de raisons, j'ai aimé ressentir cette énergie que dégage ma ville, car c'est aussi un peu elle qui me pousse à aller de l'avant et qui fait que je m'y suis sentie bien. Elle a fait partie de mon cheminement, elle a fait de moi ce que je suis aujourd'hui et je lui en suis reconnaissante.

Cependant, la roue a tourné. On peut faire s'épanouir sa spiritualité n'importe où, si tant est que l'on soit nous-même en accord avec l'environnement dans lequel on se trouve. Bien au-delà du simple concept de lieu et de spiritualité, il y a tant de données à prendre en compte que ça en donne le tournis. Jusqu'à présent, la ville correspondait à 100% à la vie que je menais ; j'y étais pour une bonne raison, parce que c'est là qu'il fallait que je sois. J'étais solitaire, mais en même temps entourée, j'y ai fait mes premiers pas ésotériques mais je veux désormais autre chose pour ma famille. C'est même davantage qu'une volonté, c'est un besoin. Alors qu'il y a des quelques années encore, je soutenais dur comme fer que je serais bien incapable de vivre ailleurs qu'en ville, maintenant je n'ai qu'une envie : la fuir le plus loin possible. Ce n'est pas la ville en elle-même, que je fuis. Comme je le disais plus haut, je l'aime, je m'y sens bien, elle dégage une énergie très douce et accueillante. Non, ce que je fuis comme la peste, c'est ce que les gens en font. Je fuis les incivilités, les injures à chaque coin de rue, je fuis les abrutis qui ne trouvent rien de mieux à faire que de jeter leurs déchets dans mon jardin, je fuis les petits cons qui brûlent les bancs publics du parc d'à côté et arrachent les cables électriques des lampadaires parce qu'ils n'ont rien à faire de leur journée. Je fuis ceux qui noircissent la douce énergie de cette ville parce qu'ils ne comprennent pas ce qu'elle a à offrir et je fuis le déséquilibre qu'ils provoquent car je veux autre chose pour ma famille. J'ai vécu ma spiritualité ici pendant des années, au milieu des immeubles, des écrins de verdure au coeur du quartier, sur mon balcon à 5h du matin et dans le parc à 22h le soir, mais je pense que ça y est, tout ça, ça a fait son temps. J'ai appris, j'ai vu, j'ai compris beaucoup de choses, j'ai grandi au milieu de cette énergie très particulière mais j'ai désormais besoin d'un ailleurs, de vivre ma spiritualité autrement et d'en découvrir de nouvelles facettes. Quand on prend ce genre de décisions, on ne compose pas qu'avec soi-même, on compose également avec tout ce que l'on a construit, seul ou avec autrui. Ma spiritualité, ma famille et moi-même évoluons en parallèle, et si l'une a besoin de respirer, alors les autres aussi. Peut-être qu'ailleurs, on ne se sentira pas chez nous. Peut-être que le silence des nuits à la campagne finira par nous peser. Peut-être, au contraire, que j'y retrouverai l'équilibre qui est en train de se disloquer chez moi, peut-être que partir me donnera un nouveau souffle et me poussera en avant. Difficile à savoir sans l'expérimenter. Je veux expérimenter tous les chemins pour savoir quelle est la plus belle route parce que je sais qu'il est temps.

 

Capture d’écran 2014-11-12 à 11 Capture d’écran 2014-11-12 à 11
Un petit bout de chez moi...

Petit a petit, donc, ma spiritualité a décliné. La "ville" en cause ? Peut-être. Les gens aussi, très certainement, mais, aussi paradoxal que ça puisse paraître, ce n'est même pas tant mon environnement que mon travail qui a participé à cette mini "déchéance". Oui, mon travail, celui de l'artisanat païen et de la confection de bijoux. A l'époque où j'ai lancé l'Atelier, je m'étais dit qu'il n'y avait rien de plus beau que de pouvoir allier spiritualité et quotidien jusqu'au bout des choses : mon job est une passion, j'y intègre ma spiritualité et vice versa. C'est un cadeau inespéré de pouvoir matérialiser ses croyances à ce point et, mieux, de pouvoir en vivre sans avoir à se taper un job alimentaire rébarbatif. Seulement, après réflexion, je me suis rendue compte il y a quelques mois que tout n'était pas si rose au pays des Bisounours. Ces dernières années, j'ai eu la sensation que ma spiritualité s'était endormie. Oh bien sûr, je pratiquais et pratique sans cesse : je récolte mes herbes à la lune, je purifie les perles nécessaire à la confection de mes bijoux, je réalise mes mélanges magiques, huiles et autres sels en suivant le cycle lunaire et je charge mes bouteilles magiques. Mon atelier est purifié régulièrement, je renouvelle mes protections au fil des saisons, mes recherches ne s'arrêtent jamais, je suis curieuse de tout ce qui peut faire évoluer mon artisanat.

J'avais toujours un pied dans le paganisme, mais celui-ci était devenu plus pratique qu'autre chose. Comme un réflexe, acquis de mois en mois, d'année en année. Comme quelque chose de normal, aussi normal que d'aucuns prendraient le bus tous les matins pour aller bosser. A force de me faire embarquer par mes petites préoccupations quotidiennes, j'ai fini, bien malgré moi, par mettre de côté la base même de ma spiritualité : ce qui fait que je suis moi, mes petites croyances perso, ce qui me fait vibrer et me définit face à l'Univers. Bye bye les lectures au coin du feu, bye bye les célébrations marquantes, bye bye les ressentis et les réflexions postés sur ce blog. Bien sûr, mon travail n'est pas seul en cause, c'est une accumulation de toutes ces petites choses du quotidien qui font qu'au final, on plonge tête la première dans la matérialisme, au détriment de la petite étincelle. C'est le temps qui nous bouffe, souvent, parce qu'on ne prend pas le temps de prendre le temps. Parce qu'on se laisse embarquer dans une ronde infernale qui finit par nous éloigner du plus important. Et au milieu de toutes les galères, des travaux incessants dedans et dehors, du bordel dans la copro et de mon emploi du temps de ministre (le salaire en moins), mon travail est en quelque sorte devenu ma spiritualité, comme s'il représentait le seul biais par lequel je pouvais encore l'exprimer, alors que partout ailleurs, elle était en veille, faute de temps, faute de volonté, faute de place, faute de que-sais-je-encore. J'ai dressé le dernier rempart de mon paganisme contre le monde, comme un réflexe mécanique.

Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence : mon travail n'est pas ma spiritualité, et vice versa, bien que j'y injecte forcément une petite partie de celle-ci, du fait que chaque création, chaque action au sein de l'atelier soit marquée par mon âme et mes intentions. Qu'on soit bien clairs : j'aime ce que je fais, sans ça j'aurais arrêté depuis bien longtemps. C'est le genre de "métier" que l'on vit et que l'on ressent sans quoi il n'y aurait pas le moindre intérêt à le faire. Mais à trop mêler boulot et perso, ce que je suis et ce qui me définit, a fini par s'effacer au profit de ce que je donne. Dans d'autres domaines, on appellerait ça se noyer dans le travail. Moi, j'y ai noyé ma spiritualité. J'ai fini par exister, spirituellement, au travers de ce que je créais. Et c'est tout. Plus le temps de s'écouter, d'écouter ses rêves, d'écouter et de voir les signes qui, pourtant, clignottent de long en large dans ma maison, plus le temps de célébrer, plus le temps de rien. Aussi il m'a fallu me retrouver, au-delà de mes actes, et intégrer le fait que créer ne faisait pas tout. Avant de créer, il faut en premier lieu être. Il m'a fallu fouiller pour retrouver cette spiritualité muette et étouffée par le quotidien et mes préoccupations. C'est ce qui arrive lorsqu'on s'investit à 100% dans un projet, lorsque l'on fonce tête baissée sans regarder en arrière. Aller trop vite sans prendre le temps de s'écouter, se mettre entre parenthèses au profit de ses rêves.

Petit à petit, il m'a fallu retrouver ma voie/voix, au-delà et au-dessus de mes images. Redevenir celle que j'étais, afin de continuer à forger celle que je serai, ne pas exister par mon travail mais faire en sorte que celui-ci soit simplement une prolongation de ce que je suis. Retrouver ma place au milieu du monde que j'étais en train de forger, en somme. Et lorsque c'est revenu, comme une libération, les mots, eux aussi, sont revenus. C'est en faisant des erreurs que l'on apprend et je me sens aujourd'hui à nouveau en plein équilibre de ce côté-là. Peut-être qu'un jour, il n'y aura plus cette balance entre mon travail et ma spiritualité et qu'il n'y aura plus aucune leçon à tirer de cette "cohabitation". Ce jour-là, il sera temps de s'arrêter et de passer à autre chose. Ne pas se mentir, ne pas mettre en veille ce qui fait ma spiritualité. Mais ce temps-là n'est pas encore venu, et je pense que j'ai encore une belle et longue distance à parcourir sur ce chemin là, pour mon plus grand plaisir. Parce que me perdre m'a aussi apris à me retrouver.

Au final, tout ça n'est qu'une histoire de juste milieu et d'équilibre. Comme toujours. Que l'on parle d'environnement ou de travail (ou parfois des deux en même temps), il faut juste savoir s'octroyer une petite place dans ce grand bazar que sont l'espace et le temps. "Juste". Ca paraît simple, en apparence, mais ça ne l'est pas toujours. L'équilibre est une petite chose fragile que le moindre courant d'air met à mal, mais lui accorder de l'attention, savoir s'écouter, c'est déjà plutôt une bonne chose. Lorsque le temps sera venu, je quitterai la ville, pour prendre une grande bouffée d'air spirituel et peut être encore une fois jouer les phénix dans d'autres contrées. Ma spiritualité et mon travail évolueront très certainement en conséquence, parce qu'au final, tout est intrinsèquement lié. Environnement, travail, spiritualité et "soi" ne sont que les facettes d'un Tout.


 

sylphe

LES AUTRES VISIONS

 


Commentaires

    Je me retrouve bien dans ton cheminement actuel... Ne pas faire de son boulot qui l'on est. Je me suis perdue dans l'agriculture et l'écologie... Je veux dire, je serai toujours écolo à fond, mais je vivais à travers ça au point de m'oublier. Faire de la musique à plein temps m'a permis de me souvenir que j'ai d'autres facettes et qu'aucune ne doit passer devant les autres sur du long terme.


    En revanche, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce que tu dis de la ville. Je ne dis pas que tu as tort hein, juste que je ne m'y retrouve pas. J'en reste à la bonne vieille définition "paganus = habitant de la campagne". En ville pour moi on peut être sorcière, polythéiste, mais pas ce que j'appelle païen-ne. Parce que pour moi le paganisme c'est ressentir la Vie dans ce qu'elle a de la Nature, se prendre les changements de saison en pleine face, trouver les divinités sauvages directement à la source. Je ne dis pas que les païen-nes des villes ne sont pas de "vrais païen-nes", qui suis-je pour juger leurs coeurs ? Juste que je ne vois pas le lien. Ce qu'on peut ressentir en ville ou en Nature, ce n'est pas la même chose.
    Et même si j'ai toujours vécu dans de petites villes, j'ai toujours été à deux pas de la Nature (merci la Suisse, si petite et rapprochée). Il y avait la ville, celle du quotidien, de l'école, des autres humains, tout cela. Et puis il y avait les esprits, les dieux, dehors, quand j'étais seule face à elleux, et que je ressentais la réalité de la Vie, de la Nature, le froid ou l'humidité ou les moustiques. Rien à voir avec tracer un Cercle dans un appartement du 4e étage, à mes yeux.

    Mais je peux quand-même comprendre un peu quand tu parles de la Nuit en ville. Parce que j'ai commencé à ressentir Morrigan quand je traversais deux villes pour aller à (ou revenir de) mon cours d'escrime. Ces trajets étaient une vraie dédication à elle, à chaque fois. Et marcher, silencieuse, pleine de l'attente de taper, cogner, respirer, refaire mille fois les mêmes gestes, se battre, à travers la ville où les gens rentraient frileusement se mettre à l'abri de la Nuit... ça m'ouvrait les rues. La ville vidée des gens était mienne, je me sentais toute-puissante, épée au dos, noire dans le noir. En plus, l'une des deux villes est plutôt ancienne, ça allait bien avec le cadre de l'escrime historique !
    En revanche, sans épée, sans cette adrénaline contenue qui est celle des soirs d'escrime, je n'aime pas la Nuit en ville. J'aime la Nuit, énormément, mais en ville j'ai peur des gens. Parce que je suis une femme, donc née du mauvais côté de la barrière des genres, et parce que quel que soit mon genre il y a toujours des cons partout de toute façon. D'ailleurs, je préfère marcher dans le noir que dans la lumière des lampes, la Nuit en ville. Autant rester invisible, ignorée, enfant des ombres, ne pas faire partie de l'humanité.


    Oups, un pavé (je ne sais écrire que ça ces temps ^^). Avec des bisous, ça passera mieux, alors je t'en ajoute une fournée !

    Bon courage pour ta suite, je suis contente de lire tes cheminements, comme toujours !

    Par La Sauvage • 19 novembre 2014 à 20:09
  • Salut ma belle, toujours fidèle au rendez-vous, ça fait plaisir <3

    Justement, l'exercice périlleux lorsqu'on habite en ville est de parvenir à retrouver cette Vie et cette Nature au coeur même du béton et de l'agitation. Parce que même si ça n'est pas flagrant et qu'on ne se le prend pas en pleine tronche façon 33 tonnes, on se le prend bel et bien. J'apprécie justement le fait de regarder au-delà des apparences en ville, car il est bel et bien possible de ressentir tout ça et toute cette grandeur même en plein centre. Finalement, la nature est partout, la Vie et le Cycle sont partout, ils ont juste une manière différente de l'exprimer. Et même si j'habite au 4e étage d'un immeuble, je suis constamment connectée au rythme des saisons, je le vois, je le sens. La ville ne parvient pas à étouffer le Tout, et je reste persuadée qu'être païenne est possible en ville... On le vit juste... Différemment. L'autre jour, en sortant du boulot, j'ai eu une drôle d'impression : ça sentait l'hiver. Ca sentait Yule, l'électricité dans l'air qui fait que tu as la sensation que tu vas rentrer dans ton cocon douillet, retrouver ta famille pour une belle célébration chaleureuse et colorée. Ca sentait la neige, ça sentait même les illuminations de fête, les branches de sapin et la lumière des bougies. Tout ça sur le parking d'une zone d'activité économique C'est sûr que ce que l'on ressent en ville et en pleine nature est complètement différent, mais le plus important finalement, c'est bel et bien que l'on RESSENTE quelque chose, peu importe quoi, car la finalité, elle, est la même

    En tout cas je comprends tout à fait ce que tu veux dire lorsque tu parles de ville et de nuit. Et ça rejoint bien, dans un sens, ce que je disais un peu plus haut, sur la distinction entre ce que la ville elle-même dégage, et ce que les gens en font. Finalement, il semble que tu ne craignes pas la ville elle-même, lorsque tu la traverses, mais la bêtise des cons. Moi aussi, je ressens exactement la même chose quand je circule de nuit... Mais ça, finalement, ce n'est pas de la faute de la ville, c'est de la faute de l'humanité...

    Plein de bisous ma belle ! <3 C'est toujours un plaisir de lire tes pavés !

    Par Yuna Minhaï • 25 novembre 2014 à 11:30

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