La Voie de Gaïa

Quelques lignes d'un grimoire païen, un cheminement de lumière au milieu des papillons...


Consigner les mots de la nuit
06 octobre 2014

Cet automne, j'ai décidé de me laisser porter par le vent. Je crois qu'il est inutile de lutter lorsque l'univers vous fout un coup de pied au cul pour votre bien, puisque de toute façon, il finira par récidiver d'une manière où d'une autre et pas forcément sur le même ton. J'ai toujours été persuadée que lorsque les choses doivent se mettre en place, elles le font d'elles mêmes, tout naturellement. Ce n'est pas pour autant une voie toute tracée, mais juste un hasard de coïncidences et de rencontres qui font que le grand puzzle bordélique qu'est notre cheminement prend forme : on récolte les bonnes pièces à assembler, au bon moment. A l'époque où j'avais envie/besoin de sortir de ma réserve et de ma décennie de cheminement solitaire, par exemple, c'est tout naturellement que deux cercles de pratique, merveilleusement équilibrés l'un l'autre (l'un virtuel, l'autre "irl") se sont imposés à moi sans que je cherche quoi que ce soit. L'aventure a duré le temps qu'il fallait, jusqu'à ce que je reparte sur ma voie sauvage et solitaire, grandie par les expériences vécues en groupe. Rien qu'un pavé sur un long chemin, mais grâce auquel je trébuche moins désormais.

A l'instar de cette période-là, tout, depuis la dernière pleine lune, s'emboite de façon toute aussi naturelle et, même si les changements sont parfois violents, la voie à suivre cet automne s'illumine progressivement. Je ne suis pas du genre à voir des présages partout mais je pense qu'en cette période de changements, il est de bonne augure de lâcher du lest et de se laisser un peu guider. Il n'y a pas de mal à se laisser porter par la vague dès lors que l'on veille à ne pas dériver jusqu'à se perdre et que l'on a les moyens de retourner sur la rive si besoin est, non ? Cela dit, il faut veiller également à ne pas voir la rive comme une bouée de sauvetage que l'on refuse de lâcher de peur de ne plus pouvoir la rattraper. Bref, ça n'est pas le sujet, mais vous voyez sans doute ce que je veux dire.

 

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Et donc, en ce moment, tout me ramène à la nuit et plus particulièrement aux rêves... Joli rapprochement avec la période sombre s'il en est ! Voilà un petit moment que je cogite à l'influence des rêves, à leur rapport aux cycles lunaires, sans pour autant approfondir la réflexion au-delà des mots qui tournent et retournent dans ma tête. Une première conversation avec une amie, il y a quelques jours, m'a fait replonger dans les méandres de mes propres songes. Pas de rêves prémonitoires, rarement (voir jamais) de rêves initiatiques ou d'expériences qui vous chamboulent une vie. Non, les miens ont toujours été complètement barrés, me laissant tantôt une sale impression le matin, m'offrant tantôt un "what the f*** ?" dès le réveil. Je suis bien incapable de prendre le contrôle d'un rêve ou de d'orienter mes songes. J'ai cependant la sensation de rêver par cycles : des soirs de rêves "à la con", comme j'aime les appeler, suivi de nuits plus calmes et moins troublées par mon inconscient délirant (ou alors, je ne m'en souviens plus). Cela fait cependant des années que je ne m'en suis plus occupée. Ces épisodes complètement surréalistes font partie de mon paysage intérieur, je vis avec. Point. Pourtant, je sens que c'est le moment d'y regarder d'un peu plus près car même s'ils peuvent paraître insignifiants et fortement marqués par la journée précédemment écoulée, ils renferment peut être des clés intéressantes. Puis ça a été au tour d'une seconde amie chère de partager un article très intéressant sur la nuit, avec, notamment, cet extrait :

"Plus au sud de l’Amérique, Anne-Gaël Bilhaut, chercheuse associée au Centre d’enseignement et de recherche en ethnologie amérindienne du LESC, s’intéresse aux Zápara, un peuple de l’Amazonie équatorienne qui avait été déclaré éteint en 1975 et qui a pourtant ressurgi. Les Zápara donnent à la nuit et au rêve une importance capitale. « Pour eux, le rêve, c’est l’espace et le moment où se passent les choses réelles, dont la vie diurne n’est que le reflet. Il leur permet de communiquer avec les ancêtres et de construire leur histoire. C’est du rêve que viennent les connaissances », explique l’anthropologue. Forts d’une théorie du rêve, il n’y a pas un problème de la vie quotidienne, une décision importante à prendre, que les Zápara ne tentent d’associer à un rêve antérieur. Plus encore : leur réorganisation autour d’un projet politique et de la revendication de leurs droits ancestraux, provient en grande partie de leur idée du rêve." 

Sebastián Escalón

 
"C’est du rêve que viennent les connaissances". Et si les réponses que l'on cherche tant se trouvaient enfouies au fond de nous ? Et si, pour apprivoiser cette drôle de période sombre qui a décidé de nous mettre face à nous-mêmes, il fallait en premier lieu décrypter les messages les plus mystérieux envoyés par... nous-même ? Je ne sais pas où ça me mènera, mais, à la suggestion de mon amie, j'ai décidé d'entretenir un "journal des rêves" au jour le jour. Il n'y aura pas de posts ici à ce sujet, pas tant que je serai dans le flou en tout cas, pas tant que je ne parlerai pas suffisamment bien la langue des rêves. Les rêves sont des mots, mais aussi parfois des maux, dont il faut parvenir à saisir le sens pour en ressentir la mélodie. Seulement, ils s'échappent parfois, sitôt le jour revenu, et disparaissent quelque part loin de notre mémoire. Je veux capturer ces bribes inconscientes et les consigner dans un carnet, matin après matin, pour en garder une trace, et voir si ces murmures peuvent me mener quelque part. Je veux savoir s'ils pactisent avec la Lune, ou si celle-ci poursuit sa ronde sans la moindre influence. Je veux savoir si derrière ces messages fantaisistes, il y a un message. Je cherche des clés, et l'une d'elle se trouve peut-être dans mes songes. Alors, en grande adepte des carnets et des grimoires en tout genre, j'entame un nouveau voyage...

Sources :

Image par FP-Jana
Extrait d'un article du CNRS par Sebastián Escalón


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