La Voie de Gaïa

Quelques lignes d'un grimoire païen, un cheminement de lumière au milieu des papillons...


Il arrive...
28 août 2014

Vous le sentez ? Là, dans l'air, ce petit quelque chose, annonciateur de Mabon ?... Je ne parle ni du temps gris et froid qui nous tient lieu d'été depuis quelques semaines, ni de la chape de brouillard qui recouvre le parc lorsque je me balade le matin, pas plus que des feuilles des arbres qui commencent déjà à jaunir. Non, je parle de cette effervescence, dans l'air, de cette électricité un brin magique qui m'agite et qui me donne la sensation, après une balade quasi automnale, que je vais retrouver en ma demeure la lumière tamisée, le calme, la chaleur et le thé de mes longs soirs d'hiver. Je visualise la nuit, l'ombre, la rassurante obscurité de la saison sombre, le calme après la tempête que me procure cette période. Comme un retour en soi après avoir trop longtemps déserté ce que je suis.

Calme ? Pas tant que ça. Il y a en même temps une sorte d'excitation fébrile à attendre ce moment, comme un enfant attendrait Noël ou son anniversaire. Parce que c'est ce que je recherche, ce qui m'anime, parce que c'est le moment où tout ralentit, où je peux enfin me dire "ça y est, il est temps de se poser". Paradoxalement, comme chaque année, avec Mabon vient aussi mon temps d'introspection et de bilan. Calme extérieur, oui, mais intérieurement, c'est une autre histoire. Avec cette période revient en moi l'envie : celle des chaudrons bouillonnants, celle des musiques apaisantes, bercées par un tabla envoûtant (retour sur "Burning Candles", dont je vous parlais déjà il y a quelques mois d'ailleurs), celle aussi de l'apprentissage et de la découverte, avec assurément Dakhabrakha en toile de fond, exemple parfait des énrgies de cet instant. J'ai encore beaucoup de mal à retrouver les mots pour raconter ce que je ressens. Les mois de silence sur ce blog et d'autres espaces web ont fait, je l'ai déjà dit, que j'ai du mal désormais à formuler mes ressentis. Mais je crois que Nad Dynaem, le morceau ci-dessous, exprime à merveille ce que mes mots ne parviennent pas à transmettre.

 

Nad Dynaem by DakhaBrakha on Grooveshark','hspace':null,'vspace':null,'align':null,'bgcolor':null}" border="0" />

 

Alors je fais le vide, je nettoie, je purifie, intérieurement, extérieurement. J'abandonne derrière moi tout ce qui me retient, je me sépare du matériel lors d'un grand marché aux puces, pour tenter de retrouver l'essentiel uniquement. Il n'y a qu'entre la période de Mabon à Yule que je ressens cette énergie qui me pousse en avant, à pieds joints dans mes recherches ésotériques, dans la (re)découverte et dans la lecture, comme si, le reste du temps, j'hibernais. En fin d'année je replonge dans le silence mystique des livres et du repos. C'est là qu'est la vraie magie, celle qui m'anime, celle qui fait de l'automne et de l'hiver ces moments si particuliers et hors du monde. Je reprens aussi la rédaction de Wild Whispers, toujours plus actif en automne qu'à n'importe quel autre moment de l'année depuis sa création en 2012. C'est aussi ce qui me permet de rentrer à nouveau tout en douceur dans "tout ça", dans ce que l'été et l'effervescence de la vie quotidienne me fait oublier.

Je viens d'ailleurs de tomber sur un petit article sur le site du Sidh, qui fait parfaitement écho à ce que je ressens actuellement : 

"La magie de l'automne est celle de l'esprit. C'est le moment pour commencer à étudier tandis que les nuits s'allongent et le monde extérieur est moins une distraction. Alors que le monde nocturne vient à dominer l'année, c'est également une période pour développer nos pouvoirs magiques et psychiques. La première moitié de l'année est liée au monde extérieur. La seconde, au monde intérieur et au royaume spirituel."

Et je sens que cette année, plus que toute autre, sera celle du changement et des prises de décision. Le chemin qui s'esquisse est encore flou ; après tout, nous ne sommes qu'au début de la route qui mène à la saison sombre, mais j'y entrevois déjà des choses que j'attendais depuis si longtemps : la renaissance, celle d'un phénix qui émerge de ses propres cendres.

 

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Source de l'image inconnue

 

 


Commentaires

    Lumière et Obscurité :-)

    C’est extraordinaire comme les perceptions se complètent : la période qui vient, moi je la crains plus que je ne l’apprécie
    Je n’aime pas vraiment l’hiver… J’ai grandi dans le Sud, où le Soleil brille plus souvent que dans le Nord-Est où j’habite maintenant depuis 10 ans. Cette période de ma vie a été tellement heureuse !
    Je suis donc profondément amoureuse de la lumière, de la chaleur, des mois d’été, du parfum de l’herbe qui a chauffé au Soleil, du chant des grillons, des pêches et abricots bien mûrs cueillis sur l’arbre et dégustés comme ça, natures, des longs repas entre amis sur la terrasse, qui se prolongent dans la chaude nuit plein de parfums envoûtants, à rire et à refaire le monde…
    Autant dire que les mois d’hiver, sombres, froids, me conviennent moins (pour ne pas dire "pas du tout") ! En plus, j’ai une fâcheuse tendance à la dépression saisonnière…

    Je suis reconnaissante à Mère Nature de tout ce qu’Elle nous offre, mais j’ai du mal à apprécier l’hiver. Tout s’endort, tout se voile, tout s’obscurcit, et je ne suis pas à l’aise.

    J’ai toujours pris mes grandes décisions, mené de grandes actions de changement, pendant l’été, pour ensuite m’endormir pour l’hiver, entrer en quelque sorte en hibernation. Je me terre chez moi, bien au chaud, avec mon chat, sous des tonnes de couverture, et rien ne semble plus bouger en moi.
    A part pour Samhain ! Cette célébration-là, c’est celle que j’aime le plus, car c’est avec elle que j’ai débuté mon cheminement ésotérique. Elle restera donc toujours spéciale à mes yeux !
    Mais j’aime ta manière d’envisager la période de Mabon vers Yule, elle est pleine de (bon) sens, et je devrai m’en inspirer pour trouver un équilibre entre la période chaude et la période froide

    Bisous Yuna-la-Magicienne (des mots comme des objets) !

    Par Séverine de Niva • 02 septembre 2014 à 15:02
  • Hé bien pour moi, une fois de plus, tes mots résonnent très profondément !

    Je le sentais depuis un moment, ce sacripant d'automne, mais c'est avec la première brume qu'il est arrivé dans l'Uppland suédois (eh oui ), ce matin. Les pommes qu'on commence à cueillir et les champignons partout sont des signes bien visibles - et odorants ! Ah, les odeurs de cette saison !

    Et ce besoin de retour en moi pour y bouillonner, comme je le sens aussi ! Cette période me fait réfléchir, et je crois que je n'ai jamais autant fait le ménage en moi-même que cette année.
    Tu sais, la fameuse période nouvelle qu'on sentait ? Ben elle arrive. Elle est même presque là. Cette période que j'attends avec tellement d'impatience (et de peur aussi) depuis des années, cette période où on va enfin pouvoir cueillir un peu, voir des résultats concrets de choses amorcées depuis longtemps déjà, choses qu'on a chéries et lentement préparées dans l'intérieur de nos chaudrons, antres et coeurs... Ca arrive !
    Il y a eu la fin, terrible (en tout cas pour moi), mais si salutaire... Et puis la période d'attente, de mûrissement, de transition, pas facile mais hyper intéressante, dans laquelle on trempe depuis environ 2 ans... Et maintenant, je commence à sentir la nouveauté. Je ne sais pas pour quand c'est, mais ça vient.

    Pinaise, j'ai l'impression d'être un vieux devin romain douteux et imbibé d'alcool en écrivant ça ^^ Mais je le sens vraiment comme ça.

    En tout cas, pour revenir sur la saison, moi aussi je me calme en extérieur (je n'ai jamais été aussi peu loquace), mais ce n'est que pour bouillonner de plus belle intérieurement... Je rêve aussi de tambouilles, et de vadrouilles, et de tissages... Et j'apprends, par l'introspection, je trie tout ce que la période claire m'a apporté.

    Maintenant, la grande question, c'est comment (et est-ce que) je vais supporter la version scandinave de l'hiver... Parce qu'ici, c'est pas rien ! Sur le continent, on a quand-même de la lumière, on n'est pas totalement tournés vers l'intérieur. Ici, ça va être autre chose, plus dur sans doute, mais plus fort. J'ai hâte de voir ça !

    Sur ce, des bisous, plein ! Et bel automne à toi, renarde, artisan, sorcelleuse, rieuse...

    Par Syne La Sauvage • 03 septembre 2014 à 22:38
  • Séverine > C'est marrant de voir que nos perceptions sont en fait un mélange des souvenirs de notre passé, de nos ressentis vis à vis des saisons et des traditions Perso j'aime les saisons chaudes également, mais pas pour les mêmes raisons ^^ Bises ma belle !

    Syne > Hooooo te voici donc loin de nos contrées ! Je pense que plus "rude" sera le temps plus profonde sera l'introspection. L'hiver scandinave devrait être "tout bénef" à mon avis quoi qu'un peu violent intérieurement parlant... En tout cas, je suis entièrement d'accord avec toi, et après les derniers jours passés, je ne peux que confirmer que la période tant attendue arrive, et sur les chapeaux de roue, en plus ! Je viens de passer une pleine lune que je qualifierai de "dans ta face". En fait, avec l'arrivée de cette période puissante, j'ai presque l'impression de bosser avec une obsidienne... Sans obsidienne... C'est le moment de se mettre à nu, ça fait mal mais c'est pour notre bien. Je devrais faire un autre article là-dessus, tiens.... Quoi qu'il en soit, bel automne à toi également, et bel hiver, beaux changements ! <3 Des bisous !

    Par Yuna Minhaï • 09 septembre 2014 à 09:58
  • Oui, ptet bien sur les chapiaux de roues en effet (cf. le dernier article sur le blog de Genava...). C'est le bazar, ça va beaucoup plus vite qu'on en a l'impression, c'est rude et chaotique. C'est pas méchant, mais vachement costaud. Sans tendresse, juste là, et prends ça dans ta face si t'es pas prête (moi aussi, la pleine Lune a été... intense).
    Se mettre à nu, c'est exactement ça. Perso je me sens complètement à poil devant les dieux, les esprits, la Vie en ce moment. Le moment n'est plus aux faux-semblants, il est à l'action, à la vérité, à l'effort. Pas de demi-mesure : il faut sortir nos tripes ! C'est épuisant, et ça fait peur aussi, mais je sais que c'est pour aller mieux...

    Eh vui, suis en Suède ! L'hiver ici je le crains déjà, rude en effet, mais en même temps peut-être moins dur à supporter quand on vit dans un coin paumé, qu'on peut aller taquiner du troll ou courser de l'élan à deux pas de chez soi... On verra !

    Encore des bisous !

    Par Syne La Sauvage • 09 septembre 2014 à 13:00

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