25 mars 2012
Un nouveau pas dans la quête du son...
Ma "quête du son" se poursuit inexorablement. Mon attrait pour les tambours (qu'ils soient chamaniques ou non) est toujours grandissant et je ressens le besoin depuis quelques semaines de me créer un nouvel instrument. J'aime le contact de la peau rugueuse sur mes doigts tout comme j'aime y "tatouer" des symboles, des motifs bien spécifiques. Car finalement, peindre et décorer un tambour, c'est un peu ça : tatouer une peau vivante, vibrante, lui rendre hommage. J'aime ce son profond qui vibre jusque dans mon bras et dans mon être tout entier lorsque la mailloche frappe avec conviction le tambour. Je crois que je me souviendrai toujours de mon premier "voyage", de mes premières notes jouées instinctivement, car il y a une différence entre jouer pour jouer et se laisser porter par le jeu : je m'étais confortablement installée sur mon canapé avec mon bodhràn fraîchement acquis et, à l'époque, je n'avais jamais pris de cours à propos de son utilisation. L'utilisation d'un beater est quand même assez particulière mais je me suis dit que j'allais tester à l'instinct. J'ai fait quelques notes d'une main maladroite, m'extasiant devant le son mais riant de mon manque de confiance et de pratique avec cet instrument, et puis j'ai continué plusieurs minutes ainsi, pour tenter de trouver un rythme régulier et m'exercer. Et puis, finalement, plusieurs minutes après, j'ai eu la sensation qu'une "mélodie" enveloppait les battements du tambour, comme une résonnance très distincte qui accompagnait le rythme régulier que je produisais. Quelque chose de très envoûtant, de très particulier, que j'aurais beaucoup de mal à définir autrement que par un fredonnement léger. Et tout d'un coup, je me suis rendue compte que j'avais laissé de côté mes doutes et mes imprécisions : je jouais, comme si cela était devenu naturel, ma main était portée toute seule vers le bon geste, le beater frappait la peau en rythme et en harmonie, et j'en étais la première étonnée. Jouer, c'est ça. C'est se laisser emporter par son instinct, ne pas réfléchir. Surtout pas. Notre corps sait comment faire les choses, il n'a pas besoin de notre cerveau pour nous emmener faire ce voyage.
Depuis lors, le tambour et le bodhràn sont devenus mes alliés, des extensions de moi même. Au delà du bodhràn d'ailleurs, c'est le tambour chamanique qui me parle. J'ai dédié celui-ci à mon Totem, et à chaque fois que je joue, c'est en son honneur. Je ne pourrais plus vivre et travailler sans tambour (mais je pense que mes voisins, si :D) Mais voilà, il y a cet appel puissant, ce fort besoin d'aller encore plus loin avec un nouvel instrument qui semble bien pour moi. Bien sûr, mon tambour chamanique me suit et me suivra toujours, il est l'instrument principal de mes méditations et de mes voyages mais, je ne sais pas pourquoi, j'ai cette envie pressante de réaliser un tambour double, avec lequel je pourrai trouver un son caverneux et résonnant, profond comme s'il venait du fin fond d'une grotte obscure... Un GRAND tambour, inspirés de ceux-ci, d'ailleurs plutôt de celui de gauche que de celui de droite, qui me paraît bien petit mais dont j'ai ajouté la photo car sa forme et la manière dont sont retenues les peaux me plaît bien :
Je sais que son utilisation sera différente, bien que son utilité ne soit pas encore très claire pour moi. C'est une envie encore floue, pas très bien définie quant à son devenir, mais la création de cet instrument a tout d'un coup tourné à l'obsession... Le retour des beaux jours me permettra de m'exercer en forêt et je sens que si cette envie est là, c'est qu'elle n'est pas futile. Le temps parvient généralement à faire le tri dans mes envies du moment qui s'évaporent comme une fumée d'encens et les vraies envies, celles qui viennent des tripes... Celle-ci a l'air d'en faire partie, tenace, obsédante... Je me vois avec ce tambour entre mes mains, battant la mesure au milieu des arbres, les yeux clos. Je le vois, là, devant moi, comme s'il était déjà présent. Ne me dites pas que c'est juste une lubie, je n'y croirai pas :D
Ca me fait d'ailleurs penser qu'il me reste "Le Maître du Tambour" à lire... Peut-être est-ce l'occasion :)
Bref, c'est parti pour la recherche du matériel nécessaire. Je compte bien créer cet instrument en extérieur, encore une idée sortie de nulle part mais très certainement nécessaire à cette nouvelle quête. Parfois, il faut savoir suivre son instinct, n'est-ce pas ?
Sources des images :
http://www.stage-chamanisme.com/
http://twofeathers.co.uk/
Commentaires
Hey
ca fait plaisir aussi de te recroiser par ici. Il est possible de trouver des bodhràns de qualité à moindre coût en farfouillant bien. Le mien ne m'a pas coûté extrêmement cher, il n'est pas bien grand (12") mais le 16" de mon homme n'a pas été beaucoup plus coûteux. C'est une question de chance ! Sinon, sur les marchés médiévaux tu peux en trouver aussi des chouettes ^^
C'est vrai que leur son est spécial mais j'ai quand même une nette préférence pour les tambours chamaniques hors utilisation comme accompagnement musical
A tout bientôt j'espère !Il faudrait qu'on se fasse une petite séance toutes les deux, un jour (ou une nuit !), avec ton tambour Coyote et le mien Corneille...
C'est drôle, moi je rêve d'un énoOorme tambour à une face, qui logerait à temps plein dans un abri dans la forêt, et qu'il faudrait rejoindre à travers des buissons d'épines... pour mériter le son divinement vibrant qui serait le sien...










Ça fait plaisir de pouvoir te lire à nouveau et de me rendre compte qu'il existe encore des personnes qui ne tentent pas de tout rationaliser à tout prix.
Au plaisir de jouer du tambour un des ces quatre.
Le mien doit un peu se morfondre depuis le temps.
Dommage par contre que les bodrans soient généralement assez chers. Leur son est vraiment spécial...
A plus