La Voie de Gaïa

Quelques lignes d'un grimoire païen, un cheminement de lumière au milieu des papillons...


Pensée et sorcellerie
26 décembre 2010

Chacun de nos actes, chacune de nos paroles, et même chacune de nos pensées façonnent le monde. Tout n'est qu'un enchevêtrement de cause à effet, de conséquences plus ou moins marquées de nos faits et gestes, de nos dires ou du flot d'émotions que nous libérons au monde. Ainsi, pour "changer le monde" et espérer avoir un impact plus ou moins significatif sur le comportement global de notre entourage (et bien entendu de nous-même), et à plus large échelle, du monde dans lequel nous évoluons, sans doute est-il essentiel d'effectuer en premier lieu un travail sur soi-même. Changer notre monde pour changer le monde.

Il est relativement difficile de se regarder en face pour faire le point, de manière générale, et encore davantage de se dire "ça, ça ne va pas"... Et sans doute est-ce encore plus dur de faire ensuite concorder nos paroles avec nos actes, en laissant de côté le fameux "faites ce que je dis mais pas ce que je fais" tout en continuant à foncer tête baissée. C'est un travail sur soi de longue haleine, sans doute un travail de toute une vie pour se libérer des schémas qui nous ont été imposés depuis l'enfance et que notre conditionnement nous fait reproduire de manière plus ou moins automatique. Pourtant, je crois que c'est là une phase essentielle pour grandir, changer, apprendre, évoluer et surtout s'harmoniser... Quel que soit le nom que l'on souhaite y donner.

Mettre en accord ses actes, ses paroles et ses pensées, c'est déjà trouver un équilibre intérieur, dénouer un premier nœud (parmi tant d'autres), un blocage qui, souvent, nous met en désaccord avec la société dans laquelle nous évoluons. C'est un travail que j'ai entamé depuis plusieurs mois, et je sais que la route est encore très longue, mais il est agréable de constater de temps à autres des modifications de comportement. De se dire "tiens, là, il y a quelque chose qui a changé", et d'en ressortir satisfait et... En paix.

Je ne pensais pas trouver ce genre de sujets dans "plantes et chamanisme" (voir références en bas d'article) mais c'est avec grand plaisir que j'ai parcouru ce livre (quasi terminé, donc une petite review sera postée bientôt ici) et les deux extraits que je partage ci-dessous. Car oui, je pense que c'est la clé de bien des tensions, des conflits et des problèmes que nous traversons actuellement, tous domaines et environnements confondus. Apprendre à modifier son schéma de pensée personnelle afin que celui-ci interfère de manière positive avec le schéma global de la grande toile tissée par les relations humaines... Et tout d'un coup, les choses paraîtraient beaucoup plus simples...

Car la toute première sorcellerie, et sans doute la plus puissante aussi, est celle du verbe.

http://www.atelier-terranostra.net/blog/hr.png


"[...] Le chamane ashaninca qui était mon informateur insistait sur une chose : dire ce que je fais et faire ce que je dis. Accorder les paroles qui sortent de ta bouche avec tes actes, c'est la preuve que tu es quelqu'un de sérieux. D'un point de vue chamanique, les mots peuvent guérir. Ils sont liés au savoir et au pouvoir.

En fait, tu dois faire attention à ce qui sort de ta bouche. Si tu n'as pas envie que de la merde sorte de ta bouche, eh bien, ne dis pas le mot. Et par la même logique, il s'agirait plutôt de créer des histoires qui finissent bien si tu veux voir des choses constructives arriver dans le monde. C'est vrai que ça rend plus difficile le fait de protester - il convient en tout cas de mesurer chaque mot. Après avoir été conscientisé à ce propos, on se rend compte qu'on crée aussi le monde. Le monde existe en dehors de nous mais on fait partie de la Création qui continue ; nous sommes des créatures qui symbolisons et qui faisons du sens, et en fonction de ce qu'on émet dans le monde, ça change le monde.

Donc, ce que j'écris, ce que je dis, chaque mot est d'une extrême importance. Alors c'est clair que quand tu reviens en Europe avec ce point de vue et que tu vois des gens qui parlent n'importe comment et qui sont agressifs... C'est difficile de trouver un terrain d'entente. [...]"

http://www.atelier-terranostra.net/blog/hr.png


"[...] Quand je sens une chose négative, je ne laisse jamais naître dans la psyché l'idée de sorcellerie, car ce serait lui donner de la force. Donc, je me dis que tous mes problèmes viennent de moi. J'essaie de les résoudre par l'intérieur. Et quand se produisent des choses [...] eh bien, de toute façon, je travaille en sorte qu'il n'y ait aucune attache de ça sur la pensée, sur le psychique. Pendant, après, durant le reste de l'expérience et de la vie. Ça, c'est ta protection ; Si tu ne donnes pas de crédit à cette chose là, elle ne t'atteint pas.

Et en fait, nous, la civilisation occidentale, on est les maîtres de la sorcellerie. Quand quelqu'un dit : "Lui, c'est un manipulateur, il embrouille les gens, il en abuse...", quand on dit ça, on balance une sacré sorcellerie, parce que ça modifie le comportement que les gens vont avoir avec cette personne, et les choses qu'elle a à vivre.

Et on assiste à un gigantesque combat chamanique, qui se passe continuellement dans notre monde, parce qu'on n'est pas du tout éduqués à faire attention, encore une fois, à ne pas projeter l'énergie négative par le jugement, par la médisance. [...] On ne fait pas attention à ce qu'on dit, à ce qu'on fait, donc on est les maîtres de ça."



Extrait de "Plantes et Chamanisme : Conversations autour de l'ayahuasca et de l'iboga"

par Jan Kounen,
Jeremy Narby et Vincent Ravalec, editions Mama
Extrait n°1 : intervention de J. Narby p. 114 - 115
Extrait n°2 : intervention de J. Kounen p. 161 - 162


Commentaires

    J'aime beaucoup cette citation ! Ca fait écho aux premières pages de "The Witch's Shield" de Christopher Penczack

    Par Seasaidh • 02 janvier 2011 à 02:07

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