La Voie de Gaïa

Quelques lignes d'un grimoire païen, un cheminement de lumière au milieu des papillons...

26 mai 2010

La Voie du Son

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Illustration © Suzanne Seddon Boulet

Voilà deux fois que j'accompagne mes méditations musicales de mon tambour chamanique. Voilà également deux fois que je fais le même constat. Je ne sais pas encore très bien où tout cela va me mener, mais je sens que cette voie, cette méthode sont les bonnes, que c'est vers cela qu'il faut que je tende. Je pense que cet article est surtout là comme pense-bête, pour mettre à plat mes idées et sensations et savoir ce que vous en pensez, savoir si, vous aussi, si vous suivez une quête du son, vous avez fait ce constat là.

Hier soir, donc, à l'occasion d'une méditation de groupe, j'ai à nouveau lancé "Hagall" de Wardruna, mon morceau de prédilection pour la méditation des Totems, et l'ai accompagné au tambour. Chose étrange, j'avais la nette impression que celui-ci jouait "faux", qu'il n'était pas accordé avec le son de ce morceau si fort alors que d'autres m'ont fait le constat contraire. Puis, petit à petit, je le sens se caler avec la musique, s'adapter pour ne faire plus qu'un. Ses vibrations commencent à remonter le long de mon bras à chaque battement puis à envahir tout mon corps, un peu comme le ferait le bol tibétain. J'avais commencé à jouer lentement, des pulsations faibles pour ne pas trop déranger la méditation des Muses. Et puis, petit à petit, sans m'en rendre vraiment compte, cette force m'a poussée, m'a entraînée. Jouer plus fort, toujours plus fort, alors que le tambour continuait à s'accorder.

Et là, le Son m'a enveloppée toute entière, comme une déferlante d'énergie à chaque battement, faisant vibrer mes oreilles. C'est assez intense comme sensation, mais en même temps plutôt difficile à décrire. Ca m'a rappelé ce jour où, jouant du bodhràn de manière très maladroite, je me suis laissée emporter par le son pour me rendre compte au bout de quelques minutes que je savais jouer tout naturellement.

Ca n'a pas duré longtemps, et je sais que ce n'est que la première étape, que je ne suis pas allée au bout de cette exploration, comme si cette aventure au bodhràn était une sorte d'avant-goût pour me dire ce à quoi je pouvais m'attendre, si j'empruntais ce chemin. Jouer, jouer encore, découvrir les murmures du tambour, les endroits où il veut me faire voyager.

Lors de cette méditation, je n'ai quasiment rien vu. Seul un Akkaï était à mes côtés. Mais j'ai ressenti des choses que je pensais avoir perdues, qui me redonnent confiance en cette voie, en ma quête du son. Je sais que c'est vers là qu'il faut que j'aille.

Par yunaminhaiCommentaires [4] • Lien [#]


Commentaires

    La propulsion et le voyage, tels sont les forces des tambours et à force de pratique ils deviennent des compagnons, on apprends d'eux que ce sont des entités à part entière bonne exploration ma coyote

    Posté par Loulouve, 26 mai 2010 à 12:27
  • Oui tout à fait, c'est un compagnon dont on fait la connaissance au fil du temps

    Merci ma loulouve !

    Posté par Yuna Minhaï, 27 mai 2010 à 08:38
  • Je n'ai jamais eu l'occasion de jouer du tambour chamanique, mais j'ai vécu une expérience semblable avec un instrument tout autre : la voix. Je me retrouve dans tes mots ; je ne chantais pas vraiment une chanson particulière, c'était plutôt des sons qui me venaient spontanément, qui vibraient en moi et créaient comme une résonance profonde. Ça m'a laissé une sorte de sensation sur les paupières et ça m'a plongé dans une sorte d'état second. Il se produit la même chose avec mon tamborim lorsque je ferme les yeux et que je me laisse guider par les sons ...

    Je ne sais pas si c'est ces sensations que tu ressens, mais je suis d'accord avec toi : il est très difficile d'exprimer quelque chose qui se ressent par l'intermédiaire de mot ...

    En tout cas, je suis de très près ta progression dans cette voie-là qui me passionne également.

    Amitiés sincères,

    Plume

    Posté par Plume, 30 mai 2010 à 12:45
  • Hello Plume !

    Oui c'est tout à fait ça, en fait on dépasse le simple aspect physique du jeu ou du chant, on ne fait plus attention à ce que l'on fait, car ce n'est plus nous même qui guidons le rythme ou la mélodie mais le contraire. C'est un peu comme si on se détachait de notre conditionnement...

    A bientôt !
    Bises
    Yuna

    Posté par Yuna Minhaï, 31 mai 2010 à 08:16

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