"L'éloignement de la Nature
et la perte du sentiment de faire partie de la création vivante
sont la plus grande tragédie de notre ère matérialiste. [...]
J'attribue donc la plus haute importance
à un changement de nos consciences."
Albert Hofmann, 1906 - 2008

Expérimenter le Silence
27 octobre 2015

Il y a pratiquement un an, je parlais pour le projet Sylphe de mon envie/besoin de quitter la ville, car j'y avais fait mon temps. C'est aujourd'hui chose faite et (je vous assure que je ne l'ai pas fait exprès) pile à l'occasion de Mabon. Quand je disais que ce Sabbat avait toujours été une grosse période de changements/remises en question/prises de décisions pour moi, ce n'étaient pas des paroles en l'air puisque, cette année, il impacte directement toutes les facettes de ma vie. Je me retrouve donc, avec ma petite famille, dans un havre de paix au beau milieu de la forêt, à redécouvrir les joies d'une vie saine, sous un ciel criblé de tant d'étoiles que j'en ai le tourni, et surtout loin de l'agitation et du brouhaha urbain. Car la première chose que l'on expérimente dans un tel endroit, c'est bel et bien le Silence. Oui, avec un grand "S". Parce que ce n'est qu'une fois là-bas que j'ai réalisé qu'en ville, on ne sait pas vraiment ce qu'est le silence. Le calme, peut-être, oui. Mais venez vous coucher ici, au milieu de nulle part, et vous comprendrez que, même dans la plus calme des villes, ce n'est pas du silence. Au mieux, c'est une absence de brouhaha, un ronronnement discret, mais il subsiste toujours quelque chose de cette agitation sans fin.

Là, tout d'un coup, je me retrouve projetée dans une sorte de néant. Dehors, dans le pré, seule la lune éclaire les contours de la végétation. Tout est calme, tout est noir, il n'y a pas un bruit. On sort boire un peu d'eau à la fontaine avant de se coucher. Oh, il n'est pas tard, à peine 23h, mais on dirait que tout se transforme, que les lieux sont différents. On sait pourtant que tout est familier. Le pré, le verger, l'orée de la forêt non loin. On a arpenté ces lieux des dizaines de fois, on a fait connaissance avec le ruisseau, avec les arbres, on a même cueilli leurs pommes. On est plusieurs, on est chez nous, tout est calme, on devrait se sentir rassurés. Mais quelque chose nous dérange. Une sorte de peur ancestrale qui nous broie les tripes sans raisons apparentes, parce qu'on ne sait pas ce qui peut sortir de l'ombre. La forêt ? Elle n'est pas loin, elle est seulement à 10 mètres, de l'autre côté de la fontaine... Et si ?... Finalement, on rentre se coucher, on éteint la lumière et c'est le noir complet. Imaginez le vide. L'absence de tout ce qui a fait vos nuits jusqu'à présent, la même obscurité que celle de vos paupières lorsque vous fermez les yeux. D'ailleurs, qu'ils soient ouverts ou fermés n'y change rien, vous ne voyez que du noir. Adieu l'éclairage public, les phares des voitures, le ronronnement du tram et la musique dans l'appartement d'en face. Pas un bruit, pas une ombre, rien, même pas le vieux bois de la maison qui craque. La bâtisse est entièrement silencieuse, comme dévouée à cette découverte des (non)sens. Vous devenez soudain sourds et aveugles avec, pour seul sifflement, le sang qui circule dans votre crâne. 

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Oui, les premières nuits sont presque "dérangeantes". On sort des sentiers battus, nos habitudes sont bousculées. O
n pense avoir enregistré bon nombre de paramètres durant la journée mais, une fois la nuit tombée, ce qui nous entoure semble tout autre. Parce que l'Ombre et le Silence mettent d'autres choses en valeur. Non, ce qui est tout autre, en réalité, ce n'est pas ce qui nous entoure. La Nature est immuable, elle nous regarde errer, évoluer, au fil des jours. Ce qui change, en réalité, c'est nous, ce que nous sommes, nos pensées, nos peurs, et la manière dont nous percevons le monde au travers de celles-ci. L'Ombre et le Silence titillent nos sens, et surtout, ils réveillent nos peurs. Voilà. Les peurs. Finalement, c'est bien ça qui dérange. Il n'est pas tant question des craintes ancestrales que je mentionnais plus haut, mais de la "simple" peur de se retrouver face à soi même.

Affronter ses peurs, et s'affronter soi-même. 

Car je crois que c'est ce qui est le plus important avec l'absence de sens : il est impossible de se détourner de nous-mêmes lorsqu'aucune distraction extérieure nous empêche d'affronter enfin ce que nous sommes. Dans le Silence, force est de constater que l'on est obligé de s'écouter soi-même, d'écouter ses pensées, ses craintes, ses cris intérieurs, et ces milliers de petites choses qui tournent en boucle dans nos caboches. Voilà précisément la nature de cette peur qui grandit à la nuit tombée. Le Silence met en lumière nos comportements, nos défauts, nos qualités aussi, nos craintes, nos aspirations, comme une porte grande ouverte en direction de l'introspection, pour comprendre, se comprendre et avancer. Comme un train lancé à 1000 à l'heure qui nous montre la voie à suivre et dans laquelle il faut s'engouffrer pour avancer. L'Ombre, elle, fonctionne un peu comme un miroir noir (spéciale dédicace à Samhain qui approche), on ne peut faire autrement que d'observer cette espèce de reflet invisible à l'oeil nu mais duquel notre oeil intérieur ne peut se détourner.

Voilà la découverte primordiale que je peux tirer de ces quelques premiers jours. Aujourd'hui, j'ai apprivoisé la nuit. Il n'a fallu que quelques jours pour que cette drôle d'impression disparaisse. Mais l'Ombre et le Silence apaisants de ma campagne ont réveillé quelque chose en moi et ont laissé une trace, des sortes de petits cailloux le long du sentier. Voilà la suite du long chemin à arpenter, la direction à prendre. Lorsque l'on parle de "retour aux sources", il s'agit également d'un "retour en soi", de revenir à ses racines, de comprendre le fondement de ce que nous sommes et la manière dont on fonctionne. Finalement, le brouhaha et la lumière, quelle que soit leur intensité, nous détournent d'une certaine manière de ce que nous sommes, c'est une distraction pour ne pas avoir à écouter et à regarder en nous. Je pense que tout le monde devrait expérimenter au moins une fois une nuit entièrement silencieuse dans l'obscurité totale. Pas juste fermer les volets et se boucher les oreilles. Non. Bousculer ses sens, pour bousculer ses pensées et faire un grand saut sur le chemin.

L'Ombre et le Silence ont ouvert une porte, en cette saison sombre ou le temps est à l'introspection et au repli sur soi. Une sorte de nouveau souffle, que la routine avait jusqu'à présent étouffé, qu'il faut maintenant laisser grandir, pour qu'il gagne en intensité. Apprendre. Comprendre. Redécouvrir. Je pense que les prochains mois vont être très intéressants, et ce à de très nombreux niveaux. Une fois encore, Mabon a fait son office. En route maintenant vers la prochaine étape. Haut les coeurs !
 

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Quelle voie suivras-tu ? Celle de la Lumière, ou celle de l'Ombre ?

Mabon. Silence. Introspection. La boucle est bouclée.

 

Sources : 
Image 1 : http://lebonson.org/
Image 2 et 3 : Compte instagram perso


Mabon : Dualité équilibre/changement
03 septembre 2015

Bon. Je ne l'ai pas fait exprès mais, encore une fois, c'est à l'approche de Mabon que je redeviens active sur la toile, et plus particulièrement sur le blog ! Non, je ne fais pas une obsession sur ce Sabbat, bien qu'on pourrait le croire dans la mesure où c'est celui qui comptabilise le plus d'entrées sur le blog (soyez pas jaloux, les autres !) mais comme c'est aussi celui qui me secoue le plus d'année en année, difficile de passer à côté. Et cette année encore, mon petit "anniversaire magique", comme je l'appelle, marquera un grand tournant, mais j'y reviendrai plus tard. Il règne une espèce de dualité à cette période de l'année, à mi-chemin entre l'équilibre, car après tout, jour et nuit sont à égalité, et changement, avec la Nature qui se transforme. Du coup, spirituellement parlant, j'ai toujours ressenti ce combat perpétuel entre introspection et transformation/mouvement. Les deux sont complémentaires mais, à une période ou beaucoup aspireraient plutôt au calme de l'hiver, les changements induits par Mabon nous plongent au contraire dans une espèce d'effervescence qui n'est pas prête de s'arrêter (en tout cas, je ne sais pas pour vous, mais l'an dernier j'ai trouve que ça avait dépoté sévère question spiritualité et remise en question, et j'ai bien l'impression que cette année suit le même mouvement. Votre avis m'intéresse !)

Déjà, commençons par un petit dépoussiérage de design pour le blog, parce que ça faisait longtemps. Histoire de marcher à contre-courant, celui-ci passe de l'ombre d'un template anthracite à la lumière et la blancheur alors que l'on s'apprête à entrer dans la "période sombre". Sauf que, pour moi, Mabon a toujours été le temps de l'illumination, des remises en question (certes), de l'introspection (re-certes) et des grands changements résolument tournés vers la lumière. Alors je célèbre la chose comme il se doit en laissant entrer les rayons du soleil sur ce petit espace quelque peu délaissé ces derniers mois, je l'avoue.

Du coup, j'avais envie de revenir sur cette symbolique du changement associée à Mabon, à l'image des feuilles d'automne qui changent de couleur et de la Nature qui se transforme... Comme ce Sabbat me titille continuellement, autant lui rendre la pareille. Voilà donc un petit florilège trouvé au détour du net et de quelques livres sur le sujet, parfois traduit par mes soins, sur ce thème, mais aussi sur celui de l'équilibre car, finalement, il en est tout autant question à cette période :

 

CHANGEMENT


  • Généralités : Mabon marque la moitié de la période des récoltes, c'est un moment où jour et nuit sont à égalité, et également le moment où la Nature est en équilibre. Il est temps de récolter ce que vous avez semé, et de rendre grâce pour la générosité et les denrées que la Terre nous offre. Il est temps également d'en finir avec vos vieux projets, de planter les graines de vos projets à venir ou de changer de style de vie. Il est temps de regarder en arrière, pas seulement l'année écoulée, mais également votre vie, et de réfléchir à vos plans pour l'avenir. Dans la roue de l'année, Mabon est le temps du repos et de la célébration, après le dur travail accompli pour s'occuper des récoltes. Les jours chauds d'automne sont maintenant suivi de nuits plus fraîches, tandis que le vieux Dieu Soleil retrouve l'étreinte de la Déesse. 1

  • Sortilège pour souhaiter un changement positif à autrui : Ce sortilège, dont l'intention est d'apporter un changement bénéfique à une autre personne, peut être réalisé le soir de Mabon. Attention, nous parlons ici de souhait désintéressé, pour le bénéfice unique de la personne choisie. Après avoir constitué votre espace sacré de la manière habituelle, allumez une bougie aux couleurs du Sabbat (doré, rouge, orangé, brun...), concentrez-vous et récitez l'incantation suivante :
    Tandis que les feuilles brunissent et tombent au sol,
    Que la négativité qui hante ta vie se détourne de toi !
    L'automne démarre et l'été touche à sa fin et,
    Tandis que les saisons changent,
    Je te transmets ces changements !
    [Nom de la personne], je t'envoie aujourd'hui
    Des énergies de joie et de changement positif.
    Déterminez avec exactitude de quelle manière vous souhaitez changer positivement la vie de cette personne, méditez sur ce changement, et achevez le sortilège en répétant l'incantation une seconde fois. 2

  • Affirmation de la saison, à répéter tel un mantra lors d'une méditation ou d'un travail magique 3
    Je suis purifiée et libérée de toute négativité, ainsi je suis prêt(e) à accueillir le renouveau, à l'image des saisons qui se transforment.
  • Traditions autour de l'automne, induisant des changements :
    • Un mois de novembre chaud annonce un hiver difficile.
    • Beaucoup de tonnerre durant l’automne est le signe d’un hiver froid.
    • Lorsque les écureuils enfouissent tôt leurs noix, on prédit un hiver coriace.
    • Si les arbres à fruit fleurissent à l’automne, le temps sera rigoureux l’hiver suivant.
    • S’il y a d'abondantes récoltes de petits fruits ou de noix, ce sera un hiver froid.
    • Un hiver froid suit un hiver chaud et vice versa.
    • Si la première neige tombe sur un sol non gelé, on peut s’attendre à un hiver doux.
    • Ce sera un hiver difficile si les arbres conservent leurs feuilles.
    • Les nids de frelon installés à la cime des arbres annonce un hiver doux.

EQUILIBRE


  • Méditation de l'équilibre de Mabon (le temps de l'équilibre entre les énergies "positives et négatives") : Mabon est l'un de ces moments de l'année qui touchent les gens de différentes façons. Pour certains, il s'agit d'une saison propice à honorer les aspects les plus sombres de la déesse. Pour d'autres, c'est le temps de la reconnaissance et de la gratitude pour l'abondance des la récolte. Peu importe comment vous le voyez, Mabon est traditionnellement une période d'équilibre. Après tout, c'est l'une des deux périodes de l'année où jour et nuit sont à égalité. Pour cette raison, Mabon est pour beaucoup de gens une période très chargée en énergie. On ressent parfois de l'électricité dans l'air, de la nervosité, le sentiment que le vent est en train de tourner. Spirituellement parlant, si vous vous sentez un peu déséquilibré, cette simple méditation devrait vous aider à restaurer un peu d'équilibre dans votre vie. Maintenant que l'automne est là, pourquoi ne pas faire une version "automne" du "nettoyage de printemps" ? Débarrassez-vous de tout le bagage émotionnel que vous traînez derrière vous. Acceptez qu'il ya des aspects plus sombres de la vie et embrassez-les, mais ne les laissez pas vous gouverner. Comprenez par cela qu'une vie saine trouve son équilibre en toutes choses. 

    Vous pouvez effectuer ce rituel n'importe où, mais le meilleur endroit reste encore à l'extérieur, dans la soirée, avant que le soleil se couche. Décorez votre autel (ou, si vous êtes à l'extérieur, utilisez une pierre plate ou une souche d'arbre) avec des feuilles d'automne colorées, des glands, des petites citrouilles et d'autres symboles de saison. Vous aurez également besoin d'une bougie noire et d'une autre blanche. Assurez-vous que vous avez quelque chose de sûr pour les mettre dedans, tel un bougeoir ou un bol rempli de sable. Allumez les deux bougies, puis prononcez ce qui suit :
    Equilibre entre le jour et la nuit. Equilibre entre ombre et lumière. Ce soir, je recherche un équilibre dans ma vie, de la même manière que celle-ci trouve sa place dans l'Univers. Une bougie noire pour les ténèbres, la douleur et les choses que je peux maintenant bannir de ma vie. Une bougie blanche pour la lumière, la joie et toute l'abondance je tiens à enfanter. A Mabon, le temps de l'équinoxe, l'Univers n'est qu'harmonie et équilibre, et ainsi doit-il en être dans ma vie.
    Méditez sur tout ce que vous souhaitez changer dans votre vie. Concentrez-vous sur l'élimination des mauvaises habitudes, de la négativité qui vous pèse et répandez le bien autour de vous. Mettez fin aux relations toxiques, faites en sorte qu'elles appartiennent désormais au passé, et laissez entrer de nouvelles relations positives dans votre vie. Libérez-vous de vos bagages émotionnels, et surtout n'oubliez pas qu'après chaque tempête revient le beau temps. 4

  • Rituel d'équilibre du foyer : Mabon une période d'équilibre idéale pour célébrer la stabilité du foyer. Ce rituel tout simple est conçu pour entourer votre propriété d'une barrière d'harmonie et de sécurité. Vous pouvez le réaliser en groupe, en famille, ou seul. Si vous habitez un appartement, libre à vous d'adapter le rituel si nécessaire. La clé ici est de se concentrer sur le périmètre qui représente votre espace personnel, que vous ayez un petit jardin, une propriété rurale ou un studio au centre-ville. Vous aurez besoin des éléments suivants:  
    • Un bol de terre fraîche de votre jardin
    • Un assortiment de clous en fer (ou de pointes de chemin de fer si vous parvenez à en obtenir)
    • Une bougie brune ou verte pour représenter la terre

    Note : Il n'est pas nécessaire de créer un cercle magique avant de démarrer ce rituel, car vous définirez un périmètre magique au cours de celui-ci. 

    Commencez par l'entrée de votre propriété, là où il y a le plus de passage. Si vous avez un jardin autour de votre maison, cet endroit sera probablement le bout de votre allée, là où elle rejoint la rue rue. Si vous habitez un appartement ou une maison donnant directement sur la rue, vous pouvez utiliser votre porte d'entrée, ou le couloir en face de votre porte. Si vous effectuez ce rituel seul, vous pouvez mettre votre matériel sur un plateau ou dans un sac. Si d'autres personnes participent, donnez un élément à chacune d'elle. Ce rituel peut être exécuté à tout moment de la journée, mais il est peut être préférable de le réaliser le soir peut-être si vous ne voulez pas que vos voisins curieux viennent vous interroger.

    Placez le bol de terre à l'entrée de votre propriété. Si vous le souhaitez, vous pouvez le déposer sur une table, ou vous pouvez tout simplement le poser à terre, sur le terrain. Placez vos mains dans le bol, et sentez le sol frais sous vos doigts. Sentez l'énergie émerger de la terre, traverser le bol jusqu'à vous. Concentrez-vous sur le bol de terre et dites :
    Terre, symbole de sécurité et de stabilité,
    apporte la paix et l'harmonie à ma maison
    en cette période de gratitude.
    Que ma famille se porte bien,
    Que ma maison soit un havre de paix,
    Et que ma table soit ouverte à tous.
    Que la Terre, le sol et ma contrée,
    Me protègent ainsi que ceux que j'aime.
    Ma propriété est un endroit sûr, sain et harmonieux
    pour tous ceux qui y pénètrent.
    Qu'il en soit ainsi fait selon ma volonté.

    Laissez le bol à sa place, et faites lentement le tour de votre propriété dans le sens des aiguilles d'une montre. Sentez l'énergie de votre terre, et la façon dont vous vous connectez à elle. Y at-il un arbre que vous aimez particulièrement che vous ? Ou le grand rocher sur lequel les enfants aiment s'asseoir ? Ou encore cette étrange racine sur laquelle vous trébuchez à chaque fois ? Demandez-vous pourquoi cette propriété votre foyer et non pas simplement un endroit où vous vivez. Même si vous habitez dans un appartement, vous pouvez le faire - que dire par exemple de cette porte qui grince à chaque fois que vous essayez de rentrer discrètement sans que vos proches vous entendent ? Toutes ces petites choses, tous ces petits détails font que cette demeure est la vôtre et c'est ce qui vous relie à elle.

    De temps à autre, et selon le nombre de clous que vous avez en main - arrêtez-vous et touchez le sol. Plantez un clou dans la terre (le fer est considéré comme protecteur dans de nombreuses cultures). Tandis que vous l'enfoncez, dites :

    Clous de fer dans le sol,
    protégez ma maison, ma famille et moi-même.
    Eloignez tout ce qui pourrait nous causer du tort.

    Répétez cette opération avec chaque clou, jusqu'à ce que vous ayez placé une barrière de protection autour de toute votre propriété. A présent, vous devriez être retourné à votre point de départ, près du bol. Allumez maintenant la bougie et placez-la dans le bol (plantez-la légèrement dans la terre afin que la bougie ne se renverse pas), puis dites :

    Jour et nuit à égalité
    lors de ce sabbat de Mabon.
    Feu et terre liés.
    Équilibre, harmonie, sécurité,
    Que ces choses viennent à moi.

    Si vous vénérez une divinité particulière qui représente le foyer et la maison, vous pouvez maintenant faire appel à elle afin que demander son aide. Si vous le faites, assurez-vous de faire une offrande en son honneur. Si vous choisissez de ne pas le faire, il vous suffit de prendre quelques instants pour réfléchir sur votre vie à la maison, et les choses qui symbolisent la sécurité pour vous. Lorsque vous avez terminé, déplacez le bol avec la bougie à l'intérieur, et posez-le à un endroit où tout le monde peut voir - sur la cheminée, la commode de l'entrée ou la table de la cuisine par exemple - et laisser la bougie s'éteindre d'elle-même. Une fois fait, rendez à votre jardin la terre qui était dans le bol.

    Astuces : Vous pouvez effectuer ce rituel même si vous vivez dans un petit studio. Il suffit de l'adapter. Ainsi, faites le tour de la chambre en commençant par la porte et, au lieu de planter les clous dans le sol, fixez-les au bord du tapis, dans un trou du plancher ou sous les plinthes. Dans certaines régions, le sol peut geler suffisamment en hivr pour repousser les clous, ce qui peut poser problème au printemps lors du dégel - personne ne voudrait qu'un enfant ou qui que ce soit d'autre marche sur un clou rouillé ! Si vous vivez dans un endroit où cela peut poser problème, vous pouvez ôter les clous à certains moments de l'année, ou tout du moins vous assurer qu'ils sont solidement ancrés dans le sol. Vous pouvez également les enterrer à quelques centimètres de profondeur. 5

 


1. Source : The White Goddess
2. par Kitty, traduction et adaptation Yuna Minhaï
3. Extrait de Llewellyn's Sabbats Almanac: Samhain 2010 to Mabon 2011, traduction et adaptation Yuna Minhaï
4. par Patti Wigington, traduction et adaptation Yuna Minhaï
5. par Patti Wigington, traduction et adaptation Yuna Minhaï

Mabon
06 mars 2015

Non non, je n'ai pas perdu la tête, je sais bien qu'on est plus proches d'Ostara que de Mabon, mais j'avais envie de vous montrer aujourd'hui le résultat d'une petite restauration entamée il y a... Pfiou, plusieurs années maintenant, mais que je viens tout juste de terminer. S'il y a bien une chose que j'aime par-dessus tout, c'est chiner, parcourir les marchés aux puces, à la recherche de quelques trésors. Il y a quelques années, j'étais tombée sur un vieux coffret bombé, pour lequel j'avais eu un vrai coup de coeur et que j'avais très envie de restaurer. Pourtant, au départ, c'était plutôt mal parti... La bête était peinte en vert, avec des charnières, un loquet et des poignées latérales bas de gamme complètement bouffées par le temps. Bref, la babiole typique que l'on peut trouver en marché pour une poignée d'euros. Bon, je n'ai plus de photos du coffre tel qu'il était à l'origine, ayant commencé à poncer la peinture verte depuis deux ou trois ans déjà, mais imaginez que l'extérieur était intégralement comme la plaque verte à l'intérieur...

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Pourtant, malgré mon envie de lui donner une seconde vie, ce coffret est resté pendant longtemps en haut d'une armoire, attendant patiemment que je daigne m'en occuper. Les mois passant, j'ai acquis de-ci de-là quelques éléments qui me permettraient de lui donner un nouveau départ : de jolies charnières asiatiques en laiton (car oui, je suis complètement dingue de la quincaillerie chinoise !), un loquet ornementé, des poignées... Peu après son acquisition, le coffret avait été poncé pour faire disparaître ce vert ignoble mais la motivation n'a jamais été suffisamment forte pour le terminer... Jusqu'à cette semaine.

Il y a des moments, vous ne savez pas pourquoi, vous avez un sursaut de motivation qui vous prend, tout d'un coup, et vous vous surprenez à finir un projet entamé il y a des mois, ou à ressortir des vieilleries du placard. Parce que c'est soudain le moment, que c'st maintenant qu'il faut s'en occuper. Alors, profitant de ce regain d'énergie, j'ai repris mon petit coffret en main pour le finaliser amoureusement. Enfin. Deux couches de cire et quelques clous plus tard, la bête renaît et change complètement d'apparence !

Il me fait penser à ces vieux coffres au trésor remplis de souvenirs et de choses étranges (ça tombe bien, la sorcière en moi a plein de choses étranges à y dissimuler :p ) et je ne vous cache pas que je n'en suis pas peu fière ! Voilà des années que je crée, mais que je n'avais plus rien fabriqué pour moi. Je ne compte plus le nombre de coffrets et de boîtes réalisées pour Terra Nostra mais je suis heureuse d'avoir pu enfin faire mon petit coffret rien qu'à moi... Un coffre, ça invite au mystère, et je pense qu'on en a bien besoin dans nos vies en ce moment. Lorsqu'on retrouve une vieille malle dans un grenier, il y a toujours ce petit moment où, le coeur battant, on se demande ce que l'on va y trouver avant de prendre son courage à deux mains et de débloquer le loquet. On s'imagine dénicher tout un trésor du passé, remonter le cours du temps et redécouvrir le monde. Tout mon blog tourne autour de cette notion, puisque je le compare à un grand coffre dans la page "à propos" :

Il s'agit d'un grand coffre dans lequel je dépose de petites choses au jour le jour, un peu comme on remplirait sa besace de trésors trouvés au sol au cours d'une balade en forêt. Il est le témoin des sentiers que j'arpente, des paysages qui bercent mon regard...

Au final, je ne sais pas encore ce qu'il va contenir, mais quelque chose me dit que ça viendra en temps voulu. Malle de sorcière ? Protection de grimoire ? Coffre à trouvaille ? Peu importe, car je sais qu'il aura une belle utilité lorsque son tour viendra. J'ai mis des années à le terminer, alors je ne suis pas pressée, laisson travailler l'intuition !

Quant à savoir pour quelle raison je l'ai nommé "Mabon", il suffit tout simplement de regarder les belles grappes de raisin gravées sur la serrure ;) Ne sont-elles pas évocatrices de l'automne et de ce beau Sabbat des dernières récoltes ? Voilà une manière sympa d'honorer mon "sabbat anniversaire", celui qui est le plus symbolique pour moi. A chaque automne, je renais, un souffle nouveau s'empare de moi pour redonner vie à des projets endormis. Peut-être ce coffret sera-il celui de la redécouverte, lors du traditionnel bilan annuel... Advienne que pourra !

 

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Traduction des cartes de Clow, partie 6
02 décembre 2014

Bien bien bien, il est temps de se remettre au travail sur ce projet ! Dire que la dernière traduction en date a été rédigée fin mars revient à penser que je suis (encore) tombée dans une faille spatio-temporelle... Mais contrairement aux apparences, je n'abandonne pas le projet pour autant, bien au contraire. N'oubliez pas que vous pouvez vous aussi apporter vos ressentis concernant les cartes citées dans cet article, celui-ci pourra compléter leur interprétation.

 

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L'ORAGE

Emotions intenses. Moins de frustration.

Carte à jouer correspondante : Neuf de Pique

Message de la carte : Les émotions et les peurs refoulées remonteront à la surface. Vous risquez de rencontrer de sérieux problèmes. Afin d'améliorer votre situation, il vous faudra arrêter d’être pessimiste et affirmer davantage vos opinions.

Avertissement de la carte : Si vous gardez votre calme, votre poisse/malchance sera réduite de moitié. Exprimez fermement vos intentions.

 

 

 


Capture d’écran 2014-12-02 à 08LE TONNERRE

La bonne fortune croisera votre route si vous restez fidèle à vous- même.

Carte à jouer correspondante : Dix de Pique

Message de la carte : Le temps seul vous dira si vous serez capable de contrôler vos émotions les plus violentes. Vous gagnerez en perspicacité ; seul votre bon sens vous guidera.

Avertissement de la carte : Des actes rationnels et courageux vous attireront des partisans, mais les désirs et les comportements égoïstes vous attireront des ennemis.

 

 

 

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L'EAU

Coopération. Capacité d'ouvrir l'esprit des gens.

Carte à jouer correspondante : Valet de Pique

Message de la carte : Tout le monde a confiance en vous car vous êtes une personne compréhensive. Votre capacité à superviser sans difficulté est très utile dans le monde du travail.

Avertissement de la carte : Faire preuve de leadership apaisera votre entourage.

 

 

 

 

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LA VAGUE

Un comportement flexible vous apportera la bonne fortune.

Carte à jouer correspondante : Dame de Pique

Message de la carte : Vous avez des hauts et des bas mais en définitive, vous serez toujours en mesure d’avancer. Si vous êtes à la recherche d’un conseiller pour vous aider à résoudre une relation inter-personnelle tumultueuse, tournez vous vers la magnanimité de l’océan.

Avertissement de la carte : Quelqu’un pourrait vous faire une déclaration d’amour inattendue. Si tel est le cas, et même si vous n'appréciez pas cette personne, ne la rejetez pas. 

 

 

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LE VENT

Allusion au progrès, à l’achèvement et à l’attente.

Carte à jouer correspondante : Roi de Pique

Message de la carte : Vous traversez une période de changement et d'activité. Il y a de fortes chances pour que vous obteniez des informations utiles. Soyez encore plus prudent que d'ordinaire lorsque vous ferez le point. Il est important de prendre une décision en temps et en heure.

Avertissement de la carte : Si vous ressentez le besoin d’insulter quelqu’un ou de riposter de vive voix, abstenez-vous. Si vous ne le faites pas, vous passerez tous deux un moment douloureux.

[Sylphe] Pagan in the City
12 novembre 2014

Let's go pour mon second sujet du projet Sylphe (initié par Nuno, Sylphe est un groupe de blogs païens francophones réunis pour échanger et parler de thèmes spirituels et en lien avec notre pratique du paganisme). L'idée, cette fois, est de parler du rapport entre notre environnement et notre pratique/spiritualité et de la manière de conjuguer travail et spiritualité. Alors zou, c'est parti pour le pavé.

J'en avais déjà parlé il y a longtemps, je suis une fille de la ville. Pas vraiment par choix, mais parce que l'Univers m'a posée là, un beau jour, et m'a gentiment dit de me démerder avec ça. J'ai vécu toute mon enfance en plein centre-ville et, après un bref passage dans un petit village, puis je suis montée dans une autre ville, encore plus grande, encore plus bruyante et encore plus polluée, pour mes études... Et j'y suis restée. Parce que, parfois, il n'y a pas le choix. Ou pas tout de suite, tout du moins. Autant dire que je ne connais pratiquement que ça. Or, lorsque l'ado curieuse que j'étais a commencé à "modeler" sa spiritualité, à lui donner un nom et à fureter à gauche à droite sur le net et dans les bouquins à la recherche de petits cailloux pour baliser son chemin, j'ai été frappée par une chose en particulier (en résumé, hein) : "le paganisme, c'est dans la nature". J'ai vraiment ressenti une nette séparation entre spiritalité païenne et vie urbaine dans la plupart des lectures que j'ai pu parcourir, à commencer par une exemple tout con : les Sabbats. Célébrer les dernières récoltes à Mabon, c'est bien, mais combien d'entre nous, en ville, avons quelque chose à récolter/cultiver/semer ? Combien d'entre nous sont au fait de la vie rurale, du cycle des saisons et des plantations ? Combien d'entre nous avons l'occasion de sortir ritualiser/célébrer en forêt/au milieu d'un champ/au bord d'une rivière/rayez les mentions inutiles, comme cela est souvent préconisé dans les textes ? J'ai pourtant essayé, il y a des années. En bon petit mouton fidèle aux jalons littéraires que je m'étais fixée, j'ai tenté des sorties urbaines pour certaines célébrations. Mes excursions en groupe au parc du coin m'ont valu de mémorables méditations et visualisations, certaines parmi les plus belles de ma vie... Accompagnées de la visite des stups, lampes de poche au poing, pour vérifier que ce n'était que de l'encens qu'on faisait brûler dans le cercle. Oui, on a connu mieux.

Globalement, j'ai toujours pensé qu'il y avait un problème dans la façon de percevoir le paganisme de nos jours, un peu comme si, à force de vouloir absolument se rattacher à des choses "ancestrales", on finissait par oublier de vivre avec son époque... Et avec son environnement. Je ne sais pas si c'est une réalité, mais j'ai toujours eu la sensation que beaucoup de gens pensaient que rattacher la ville, leur vie urbaine, à leur paganisme, allait en quelque sorte "ternir" leur spiritualité. La ville, ça paraissait trop bassement matériel et sale pour être lié à quelque chose de si précieux et de si "pur". Et j'ai failli le croire, à l'époque. Mais lorsque j'ai pris conscience que ma spiritualité ne se trouvait pas dans mes bouquins mais en moi, j'ai compris du même coup qu'il était impossible de dissocier environnement et spiritualité (mais si, vous savez, ce fameux Mabon, d'il y a une décennie, dont je vous rabâche sans arrêt les oreilles). La spiritualité se vit au quotidien, à chaque seconde, à chaque instant, à l'endroit où nous sommes, quel que soit celui-ci. Dès lors, j'ai arrêté de mettre des barrières, et j'ai commencé à intégrer mon environnement dans ma spiritualité et ma pratique, à voir les choses sous un autre angle. Je me souviens d'un article que j'avais rédigé il y a quelques années, à propos d'une balade en ville qui avait changé ma manière de voir les choses :

"Cette énergie, là, juste là, lorsque la nuit s'installe sur les trottoirs déserts, lorsque les branches nues des arbres vibrent au courant d'air... Lorsque l'on (re)découvre cet univers quotidien qui nous est pourtant si familier d'ordinaire. C'est un peu comme si cette énergie était dégagée non pas par les gens, mais par la ville elle-même. C'est une sensation très différente, très particulière. Il semble y avoir d'un côté la ville, et de l'autre ce que les gens en font. Je crois que jusqu'à présent, je me suis toujours focalisée sur ce second volet, car je n'avais jamais été à même de ressentir ce que la ville elle-même avait à me transmettre."

Il est possible de vivre sa spiritualité n'importe où, que ce soit dans un champ s'étendant à perte de vue ou cloitré dans son appartement d'étudiant de 9m carrés. Il est possible de ressentir la petite étincelle en marchant le long d'un trottoir, en levant le nez vers une déco de fête ou en promenant son chien. Bien sûr, en terme d'intensité, il y a des variations. Je ne nie pas que je me sens beaucoup plus vivante lorsque je me balade au parc au petit matin avant de partir bosser, plutôt que coincée dans le tram aux côtés de gamins qui braillent et de lycéens qui... braillent aussi, en fait. Mais évoluer dans ce genre d'environnement fait aussi évoluer ma pratique et ma spiritualité. Elles se développent forcément selon les lieux et les situations que l'on traverse : je n'aurais sans doute pas tant travaillé mon "champ de protection" si je ne sentais pas mon espace vital en danger dans un tram bondé. Je n'aurais peut-être pas développé toute ma mythologie intérieure, et l'autel intérieur qui va avec, si je n'évoluais pas à l'extérieur dans un environnement partagé. Vivre en centre ville ne m'empêche pas de m'émerveiller des premières feuilles d'autome, du premier flocon ou de voir mon quartier figé sous une épaisse couche de glace, comme ça a été le cas il y a deux hivers. Vivre en centre ville ne m'empêche pas de cultiver mes propres plantes, de subvenir à mes besoins et de faire des encens maison. Remercions pour ça ce super concept que sont les jardins familiaux. J'ai adapté ma spiritualité à mon lieu de vie, finalement, et, même si je prévois de m'exiler désormais à la campagne pour des tas de raisons, j'ai aimé ressentir cette énergie que dégage ma ville, car c'est aussi un peu elle qui me pousse à aller de l'avant et qui fait que je m'y suis sentie bien. Elle a fait partie de mon cheminement, elle a fait de moi ce que je suis aujourd'hui et je lui en suis reconnaissante.

Cependant, la roue a tourné. On peut faire s'épanouir sa spiritualité n'importe où, si tant est que l'on soit nous-même en accord avec l'environnement dans lequel on se trouve. Bien au-delà du simple concept de lieu et de spiritualité, il y a tant de données à prendre en compte que ça en donne le tournis. Jusqu'à présent, la ville correspondait à 100% à la vie que je menais ; j'y étais pour une bonne raison, parce que c'est là qu'il fallait que je sois. J'étais solitaire, mais en même temps entourée, j'y ai fait mes premiers pas ésotériques mais je veux désormais autre chose pour ma famille. C'est même davantage qu'une volonté, c'est un besoin. Alors qu'il y a des quelques années encore, je soutenais dur comme fer que je serais bien incapable de vivre ailleurs qu'en ville, maintenant je n'ai qu'une envie : la fuir le plus loin possible. Ce n'est pas la ville en elle-même, que je fuis. Comme je le disais plus haut, je l'aime, je m'y sens bien, elle dégage une énergie très douce et accueillante. Non, ce que je fuis comme la peste, c'est ce que les gens en font. Je fuis les incivilités, les injures à chaque coin de rue, je fuis les abrutis qui ne trouvent rien de mieux à faire que de jeter leurs déchets dans mon jardin, je fuis les petits cons qui brûlent les bancs publics du parc d'à côté et arrachent les cables électriques des lampadaires parce qu'ils n'ont rien à faire de leur journée. Je fuis ceux qui noircissent la douce énergie de cette ville parce qu'ils ne comprennent pas ce qu'elle a à offrir et je fuis le déséquilibre qu'ils provoquent car je veux autre chose pour ma famille. J'ai vécu ma spiritualité ici pendant des années, au milieu des immeubles, des écrins de verdure au coeur du quartier, sur mon balcon à 5h du matin et dans le parc à 22h le soir, mais je pense que ça y est, tout ça, ça a fait son temps. J'ai appris, j'ai vu, j'ai compris beaucoup de choses, j'ai grandi au milieu de cette énergie très particulière mais j'ai désormais besoin d'un ailleurs, de vivre ma spiritualité autrement et d'en découvrir de nouvelles facettes. Quand on prend ce genre de décisions, on ne compose pas qu'avec soi-même, on compose également avec tout ce que l'on a construit, seul ou avec autrui. Ma spiritualité, ma famille et moi-même évoluons en parallèle, et si l'une a besoin de respirer, alors les autres aussi. Peut-être qu'ailleurs, on ne se sentira pas chez nous. Peut-être que le silence des nuits à la campagne finira par nous peser. Peut-être, au contraire, que j'y retrouverai l'équilibre qui est en train de se disloquer chez moi, peut-être que partir me donnera un nouveau souffle et me poussera en avant. Difficile à savoir sans l'expérimenter. Je veux expérimenter tous les chemins pour savoir quelle est la plus belle route parce que je sais qu'il est temps.

 

Capture d’écran 2014-11-12 à 11 Capture d’écran 2014-11-12 à 11
Un petit bout de chez moi...

Petit a petit, donc, ma spiritualité a décliné. La "ville" en cause ? Peut-être. Les gens aussi, très certainement, mais, aussi paradoxal que ça puisse paraître, ce n'est même pas tant mon environnement que mon travail qui a participé à cette mini "déchéance". Oui, mon travail, celui de l'artisanat païen et de la confection de bijoux. A l'époque où j'ai lancé l'Atelier, je m'étais dit qu'il n'y avait rien de plus beau que de pouvoir allier spiritualité et quotidien jusqu'au bout des choses : mon job est une passion, j'y intègre ma spiritualité et vice versa. C'est un cadeau inespéré de pouvoir matérialiser ses croyances à ce point et, mieux, de pouvoir en vivre sans avoir à se taper un job alimentaire rébarbatif. Seulement, après réflexion, je me suis rendue compte il y a quelques mois que tout n'était pas si rose au pays des Bisounours. Ces dernières années, j'ai eu la sensation que ma spiritualité s'était endormie. Oh bien sûr, je pratiquais et pratique sans cesse : je récolte mes herbes à la lune, je purifie les perles nécessaire à la confection de mes bijoux, je réalise mes mélanges magiques, huiles et autres sels en suivant le cycle lunaire et je charge mes bouteilles magiques. Mon atelier est purifié régulièrement, je renouvelle mes protections au fil des saisons, mes recherches ne s'arrêtent jamais, je suis curieuse de tout ce qui peut faire évoluer mon artisanat.

J'avais toujours un pied dans le paganisme, mais celui-ci était devenu plus pratique qu'autre chose. Comme un réflexe, acquis de mois en mois, d'année en année. Comme quelque chose de normal, aussi normal que d'aucuns prendraient le bus tous les matins pour aller bosser. A force de me faire embarquer par mes petites préoccupations quotidiennes, j'ai fini, bien malgré moi, par mettre de côté la base même de ma spiritualité : ce qui fait que je suis moi, mes petites croyances perso, ce qui me fait vibrer et me définit face à l'Univers. Bye bye les lectures au coin du feu, bye bye les célébrations marquantes, bye bye les ressentis et les réflexions postés sur ce blog. Bien sûr, mon travail n'est pas seul en cause, c'est une accumulation de toutes ces petites choses du quotidien qui font qu'au final, on plonge tête la première dans la matérialisme, au détriment de la petite étincelle. C'est le temps qui nous bouffe, souvent, parce qu'on ne prend pas le temps de prendre le temps. Parce qu'on se laisse embarquer dans une ronde infernale qui finit par nous éloigner du plus important. Et au milieu de toutes les galères, des travaux incessants dedans et dehors, du bordel dans la copro et de mon emploi du temps de ministre (le salaire en moins), mon travail est en quelque sorte devenu ma spiritualité, comme s'il représentait le seul biais par lequel je pouvais encore l'exprimer, alors que partout ailleurs, elle était en veille, faute de temps, faute de volonté, faute de place, faute de que-sais-je-encore. J'ai dressé le dernier rempart de mon paganisme contre le monde, comme un réflexe mécanique.

Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence : mon travail n'est pas ma spiritualité, et vice versa, bien que j'y injecte forcément une petite partie de celle-ci, du fait que chaque création, chaque action au sein de l'atelier soit marquée par mon âme et mes intentions. Qu'on soit bien clairs : j'aime ce que je fais, sans ça j'aurais arrêté depuis bien longtemps. C'est le genre de "métier" que l'on vit et que l'on ressent sans quoi il n'y aurait pas le moindre intérêt à le faire. Mais à trop mêler boulot et perso, ce que je suis et ce qui me définit, a fini par s'effacer au profit de ce que je donne. Dans d'autres domaines, on appellerait ça se noyer dans le travail. Moi, j'y ai noyé ma spiritualité. J'ai fini par exister, spirituellement, au travers de ce que je créais. Et c'est tout. Plus le temps de s'écouter, d'écouter ses rêves, d'écouter et de voir les signes qui, pourtant, clignottent de long en large dans ma maison, plus le temps de célébrer, plus le temps de rien. Aussi il m'a fallu me retrouver, au-delà de mes actes, et intégrer le fait que créer ne faisait pas tout. Avant de créer, il faut en premier lieu être. Il m'a fallu fouiller pour retrouver cette spiritualité muette et étouffée par le quotidien et mes préoccupations. C'est ce qui arrive lorsqu'on s'investit à 100% dans un projet, lorsque l'on fonce tête baissée sans regarder en arrière. Aller trop vite sans prendre le temps de s'écouter, se mettre entre parenthèses au profit de ses rêves.

Petit à petit, il m'a fallu retrouver ma voie/voix, au-delà et au-dessus de mes images. Redevenir celle que j'étais, afin de continuer à forger celle que je serai, ne pas exister par mon travail mais faire en sorte que celui-ci soit simplement une prolongation de ce que je suis. Retrouver ma place au milieu du monde que j'étais en train de forger, en somme. Et lorsque c'est revenu, comme une libération, les mots, eux aussi, sont revenus. C'est en faisant des erreurs que l'on apprend et je me sens aujourd'hui à nouveau en plein équilibre de ce côté-là. Peut-être qu'un jour, il n'y aura plus cette balance entre mon travail et ma spiritualité et qu'il n'y aura plus aucune leçon à tirer de cette "cohabitation". Ce jour-là, il sera temps de s'arrêter et de passer à autre chose. Ne pas se mentir, ne pas mettre en veille ce qui fait ma spiritualité. Mais ce temps-là n'est pas encore venu, et je pense que j'ai encore une belle et longue distance à parcourir sur ce chemin là, pour mon plus grand plaisir. Parce que me perdre m'a aussi apris à me retrouver.

Au final, tout ça n'est qu'une histoire de juste milieu et d'équilibre. Comme toujours. Que l'on parle d'environnement ou de travail (ou parfois des deux en même temps), il faut juste savoir s'octroyer une petite place dans ce grand bazar que sont l'espace et le temps. "Juste". Ca paraît simple, en apparence, mais ça ne l'est pas toujours. L'équilibre est une petite chose fragile que le moindre courant d'air met à mal, mais lui accorder de l'attention, savoir s'écouter, c'est déjà plutôt une bonne chose. Lorsque le temps sera venu, je quitterai la ville, pour prendre une grande bouffée d'air spirituel et peut être encore une fois jouer les phénix dans d'autres contrées. Ma spiritualité et mon travail évolueront très certainement en conséquence, parce qu'au final, tout est intrinsèquement lié. Environnement, travail, spiritualité et "soi" ne sont que les facettes d'un Tout.


 

sylphe

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